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LA PARENTALITE PAR ALOMERE

LA PARENTALITE PAR ALOMERE

Savez-vous que cet accompagnement est naturel chez nos amis les dauphins? La future mère dauphin est secondée tout au long de sa grossesse, lors de la naissance du petit et encore après. Alomère seconde les Parents dans leurs interrogations.


« J’ai peur » ou l'appel du loup!

Publié par Alomère sur 30 Avril 2011, 18:47pm

Catégories : #L'Alomère

« J’ai peur » ou l'appel du loup!

La peur est un mécanisme de survie en réponse à un danger conscient ou non. Elle apparait pour mieux combattre ou fuir, mais surtout pour se protéger. Les animaux craignent les prédateurs. Les êtres humains, eux, ont un esprit complexe et vont mettre en scène leurs inquiétudes au travers de nombreuses issues. Autant d’outils inépuisables représentatifs que permet le monde intérieur de l’individu.

Imaginez… Il est minuit passé.

Dans une maison quelque part, une Mère et son Enfant partent en guerre contre un loup.

L'Enfant est couché dans sa chambre, tandis que les parents veillent encore. Soudain, une petite voix s'élève.

- Maman! Maman! Viens! Il y a un loup qui veut me manger!

Qui n'a pas déjà entendu cet appel, ou même vécu personnellement une telle rencontre nocturne?

- Maman! Maman! - Répète inlassablement l'Enfant, dans le voile noir de la nuit.

Car oui, dans ces moments-là, c'est Maman que l'Enfant appelle. Celle qui va savoir, celle qui va pouvoir, celle qui va comprendre, celle en qui il croit... La magicienne de l'Enfant en quelques sortes....

La Mère entend son Enfant appeler.

Elle regarde le Père qui lève doucement les yeux de son livre. Mais son sang à elle, ne fait qu'un tour. Elle s'excuse auprès du Père, lâche son ouvrage et se déploie vers son Enfant.

- Que se passe-t-il, mon Enfant? – Lui demande-t-elle, le cœur déjà vrillé.

L'Enfant lui explique alors. Bien voilà, il allait s'endormir quand un loup est entré dans sa chambre. Un loup tout noir, à l'œil mauvais, aux dents pointues éclatantes dans la nuit. Sa longue langue dégouline de salive. Un loup grondant, avec de grosses griffes au bout de ses pattes. L'Enfant sait que la faim tenaille le loup. Une faim de lui. L'Enfant raconte que le loup est resté tapi dans l'armoire - il se ravise - non, tapi sous le lit, et qu'il l'entend respirer, prêt à bondir sur Lui...

Que vas-tu faire Ô Maman?

La pauvre Maman, loin d'être une magicienne, et c'est tant mieux d'ailleurs, va tenter de mobiliser toute son énergie pour réconforter son Enfant. Le but à atteindre est d'une clarté étonnante. Il a besoin de sommeil cet Enfant, pour se reposer, pour grandir. Et toute la famille a besoin de sommeil aussi. Peut-être est-ce la première fois qu'Il appelle ainsi, mais peut-être que non. Peu importe, car l'énergie mobilisée est la même, dirigée vers le but ultime de calmer l'Enfant afin qu'Il retrouve son sommeil réparateur.

Si l'objectif de la manœuvre est simple, la stratégie à élaborer en est beaucoup plus complexe! Pas de livre de recettes. Il faut inventer.

As-tu de l'imagination, la Maman? Comment faisait ta propre Mère, te souviens-tu? Une ou deux claques, et hop, le tour était joué. Pas de loup. Un point, c'est tout. Et alors? Est-il revenu ce maudit loup? Sous quelles autres formes a-t-il réussi à réapparaître? Peur des chiens? Peur d'aller au zoo? Peurs sombres et emprisonnantes? Non, non, tu as raison, pas comme ça. Oui mais alors, comment?

Une bataille s'engage.

- L'est où ton loup?

- Là, là!!!

La Mère se penche et cherche sous le lit.  Elle soupire.

- Ben, non, j'vois rien!

Évidemment qu'elle ne voit rien. Les mamans ne voient pas toujours tout du premier coup. Il faut parfois savoir insister et attendre.

- Si, si! J'te dis, l'est là-dessous!

L'Enfant est à genoux sur son lit, trépignant de terreur. Il tremble de tout son petit corps. Son teint est blême. Ses yeux sont écarquillés et sa bouche est crispée. Ses petits poings sont serrés contre sa poitrine. Son lit est entièrement défait. Un raz de marée a dû passer par là. Les draps forment une grosse boule au milieu du lit et le doudou sécurisant est bien à l'abri sous le gros tas.

L'Enfant suit tous les mouvements de sa Mère du regard. Comme elle est courageuse cette Maman! C'est Sa Maman à Lui! C'est pour lui qu'elle va à la rencontre de cet ignoble loup! Pour l'en débarrasser à jamais!

A y regarder de plus près, vous conviendrez que la Maman ne se surpasse pas vraiment. Il s’agit juste pour elle de gagner un peu de temps, avec l’espoir de voir émerger une géniale inspiration.

- Qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui dire, hmmm?

Une idée, tilt!

- Ah, ah! S'écrit-elle triomphante. Il est parti ton loup!

Silence gagnant?

- ... Maman! Il est encore là!

Perdant.

Au fait, la Maman, pourquoi dis-tu "ton loup"? C'est comme si tu n'y croyais pas vraiment à cette histoire de loup. Il est tard, tu as sans doute sommeil. Je comprends.

La guerre est déclarée.

- Ah oui! Dit la Mère qui se ressaisit.

Elle a certainement entendu ma petite voix.

- Il est revenu! Ajoute-t-elle.

Elle ne se contredit pas cette Maman-là. Le loup était parti, c'est donc que maintenant, il est revenu. L'Enfant adhère en silence à cette cohérence. Les Enfants sont tous très cohérents. Pas si facile de les leurrer comme ça ! Il perçoit que sa Mère commence vraiment à le croire et à s’investir aussi.

Et là, la Maman décide de jouer. Elle invente. Comme son Enfant. Elle redevient enfant, cette petite fille qui avait peur aussi dans la nuit. On dirait que tu serais une Maman vraiment forte et que tu chasserais le loup de ton Enfant ; même pas peur!

- Va-t-en, vilain loup! Rugit-elle dans toute sa force de conviction.

La Maman saute dans tous les sens. Ses bras font de grands arcs de cercle dans l'air. Sa bouche toute en rond, fait de gros oh, oh. Elle semble repousser un énorme animal massif et résistant. C'est le loup, invisible et terrible. La Maman le chasse peu à peu vers la fenêtre.

- Allez! Oust! Rentre chez toi! Vilaine bête!

Puis, c'est à grands coups de chaussons que la Maman chasse la bête féroce. Et ping à droite et pang à gauche! Le loup semble lui résister encore. La Maman ouvre largement la fenêtre, dans un ultime oh. Ses bras partent en avant, accompagnant la chute de l'énorme bête par la fenêtre. La Maman referme vite la fenêtre derrière le loup. Elle est épuisée par cette lutte sans merci. Elle s'appuie contre la fenêtre pour reprendre son souffle. Ouf! C’était difficile. C'est qu'il était fort ce loup-là!

- Tu entends? Dit l'Enfant. Le loup gémit dehors. Je crois que tu lui as fait mal! Et c'est bien fait!

La Maman imite: "Ouh, ouh, ouh...". C'est un loup gémissant.

Elle se retourne pour regarder par la fenêtre et s'exclame le regard lointain.

- Oui, regarde là-bas ! Comme il est penaud ! Il a la queue basse… Il court au loin, il s'enfuit!

L'Enfant a le visage penché vers la fenêtre. Il scrute l'horizon à la recherche de son loup à la queue basse.

L'Enfant regarde sa Mère, ébahi. L'Enfant jubile. Son regard est illuminé d'admiration et de fierté. Sa Maman a chassé le loup! Il saute dans ses bras et la couvre de baisers bien sonores. La Maman rit aux éclats, son cœur bondit dans sa poitrine et déborde de tendresse.

A présent, le sommeil commence à gagner l'Enfant. Il sens qu’il va pouvoir s'endormir. Peut-être rêver à un loup chassé par sa Mère?

- Dis M'man, tu as bien fermé la fenêtre, hein? Et la porte aussi! Parce que sinon, je vais encore avoir peur, moi!

« J'ai peur ».

Ces mots qui surgissent là, maintenant, viennent symboliser ces émotions puissantes et envahissantes, bien plus puissantes que le réel. Ces mots qui, enfermés au travers de son histoire animale, l'emprisonnait, condamné qu’il était à ressentir sa peur, sans jamais pouvoir l'identifier. J'ai peur, c'est hors de lui. Le loup, c'est en lui. J’ai peur, c’est l’expression parlée de son mental fantasmatique. J'ai peur, c'est déjà surmonter sa peur en la nommant.

L’enfant a gagné en courage grâce à cette mise en scène ludique. Sa peur a été prise en compte dans son intégralité. Comment aurait-il réagi face à un déni, ou face à un jugement de sa peur ?

- Mais non, je te dis qu’il n’y a pas de loup, allez, tout va bien ! Tu te couches et tu dors.

Ou encore :

- Si tu es un homme, tu n’as pas peur et tu dors tout de suite. Sinon, tout le monde va croire que tu es un trouillard.

Parce qu’avoir peur serait une faiblesse ? Parce que faire face à sa peur serait une illusion ? Elle est bien réelle, ainsi que le mécanisme de défense qui consiste à trouver une forme à cette peur. Ici, celle d’un loup cruel qui veut le manger. Nous reconnaissons la peur de la mort par dévoration, objet de peur par excellence.

Cet animal est vraisemblablement créé de toute pièce pour venir s’opposer au stade phallique oral. Lorsque l’enfant craint inconsciemment d’être dévoré par ses parents. La pulsion de l’enfant prend corps dans l’expression de sa peur, en puisant au sein d’une source représentative qui lui est propre.

L’enfant mène un combat entre ses pulsions et sa quête de plénitude. Non, la mère n’est pas toute-puissante. Ce n’est qu’une illusion. Une illusion nécessaire et constructive, mais une illusion tout de même.

Les contes et les mythes font toujours appel à notre lot de fantasmes et d’illusions. Leur lecture est aussi une stratégie ludique pour faire émerger des émotions enfouies. Une façon ludique d’aider à déposer des peurs profondes à l’intérieur des mots. C’est permettre aux enfants de mieux intégrer les informations et de mieux vivre ces passages obligés et difficiles qui jalonnent leur évolution normale.

- Oui, petit Homme, tu as eu peur… Mais tu sais, au fond, nous aussi, nous avons encore peur.

Anne Lorans

Puéricultrice

Direction de crèche pendant 15 ans

Aide à l'Analyse des Pratique/Puériculture &Parentalité

Site Web: parentalite-par-alomere.over-blog.com

Sources :

1. 1ère Journée d’étude de l’institut de l’Enfant sur la peur de l’Enfant. (Université populaire de Jacques Lacan), 2011

2. Klein, M. (1932). La psychanalyse des enfants. Paris, P.U.F., 1959.  

3. Bettelheim Bruno. Psychanalyse des contes de fées. Pluriel

 

 

 

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Commenter cet article

sumadrad 08/05/2011 13:50



la peur est un élément important dans la vie d'un enfant .....et ne peut être tréaité qu'avec la maman pivot de la vier enfantine............;;amitiés
sumadrad



Alomère 08/05/2011 20:01



Bein vu Sumadrad. La maman, pivot de la vie enfantine est une expression qui me va super bien!



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